Identité

" Je ne peux rien pour qui ne se pose pas de questions " (Confucius)
Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 15:44
Il y a quelques jours, notre ami René s'est éteint à l'âge de 54 ans.

Il était atteint d'un cancer depuis 2005 et il a lutté contre lui avec des armes qui ne sont pas habituelles : les soins traditionnels bien sûr...; mais aussi et surtout l'amitié, une belle histoire d'amour, un choix conscient et volontaire de vivre pleinement ses derniers mois, et une transformation intérieure étonnante. Ces quatre dernières "thérapies" lui ont permis de prolonger de plusieurs années son espérance de vie, au grand étonnement des médecins dans leur diagnostic. Combien de fois ai-je entendu : "Oh, il n'en a plus que pour quelques semaines, pour quelques jours !"
  • Quelques semaines avant sa mort, il m'avait confié ce sentiment de dilatation personnelle qui s'accompagnait du sentiment d'être passé, avant sa maladie, à côté de soi.
Il est mort la veille (!) de la publication du livre qu'il a écrit et qui raconte son expérience.

livre de René-copie-2
L'illustration est de mon amie Catherine Hiboud
Voici ce qu'en dit son éditeur : "Voici le témoignage bouleversant et plein d’humanité d’un homme en pleine force de l’âge atteint d’un cancer avec de multiples métastases au pronostic des plus défavorables. Un dynamisme a surgi. Il est présent. Dans ce livre, il relate cette épreuve comme une nouvelle naissance. Elle peut servir pour d’autres… “17 décembre 2007 : Je ne sais pas comment faire. J’ai un cancer de l’intestin depuis janvier 2005 avec des métastases au poumon et au foie. Je n’ai pas beaucoup de temps à vivre me disent les médecins...” - Voici la première phrase que René Platel a prononcée en introduction de cette première consultation. Septembre 2009 : “Je suis toujours là et je me sens bien”. Que s’est-il passé entre ces deux dates ? Je dis souvent : pour s’améliorer et pourquoi pas guérir, il nous est proposé d’agir. René Platel a cherché et a agi. Il n’a pas attendu dans son coin. Il est allé visiter des contrées que le hasard lui a proposé de rencontrer. Il nous les offre ici. Il nous offre également son parcours et ses hésitations. Il parle de l’intérieur, de ce qu’il ressent tout au long de cette route chaotique et, ô combien initiatique. Pour moi, c’est un très bon exemple à suivre car il fait exactement ce qu’il est logique de faire aujourd’hui lorsqu’on est atteint de cette manière : cure médicale avec une équipe pluridisciplinaire, soutien psychologique, cure psychosomatique et traitements adjuvants comme l’homéopathie, entre autres. Mon expérience clinique m’autorise à dire que c’est actuellement la meilleure formule pour se donner un maximum de chances pour se sortir de ce mauvais pas. Son côté humaniste l’a poussé à écrire ce livre, pour lui bien sûr mais également pour ses collègues actuels de chimiothérapie et ceux que je ne connais pas. Cela peut les aider, j’en suis sûr !




Cette présentation de l'éditeur ne met peut-être pas suffisamment en valeur la qualité des relations humaines qu'il a vécues ces derniers mois, dont j'ai été un des témoins étonnés (faut bien vendre !). Mais elle est là, faites-moi confiance !

Par Nicorazon - Publié dans : Buissonnement de la vie
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 08:26

Monastère de la Grande Chartreuse En notre époque de revendication identitaire et d'annonces apocalyptiques tous azimuts, un petit éclairage conceptuel n'est pas inutile. Il y a quelques jours, j'emmène des amis et de la famille visiter le monastère de la Grande Chartreuse, monument exceptionnel d'histoire et de culture, mais aussi d'identité chrétienne... Ignorant la perception de chacun de mes compagnes et compagnons vis à vis de ces interrogations, face à un lieu aussi fulgurant, j'étais à la fois mal-à-l'aise et à l'écoute des événements. Le site de la Grande Chartreuse surgissait de la brume juste après un déluge de pluie qui, paradoxalement, avait transformé le Massif de la Chartreuse en un théâtre de couleurs d'automne, de lumières, de sons, d'eaux jaillissantes et roulantes des parois rocheuses et boisées. Les montagnes, elles-mêmes couvertes de neige pour la première fois de la saison, apparaissaient et disparaissaient selon l'humeur changeante des nuages. Le spectacle était féerique... ou plutôt ensorcelant.

  • Une de mes compagnes me confie qu'elle est attirée par la spiritualité, mais indépendamment de toute religion. Thème connu et compréhensible, par les temps qui courent. Malheureusement, religion et spiritualité ne marchent pas si bien ensemble. Dans les sphères chrétiennes que je connais bien par exemple, le discours religieux est encore souvent infantilisant, voire infantile, et ce qui reste des hiérarchies continue à prendre les hommes et les femmes du XXème et du XXIème siècles pour des enfants, et parfois pour des demeurés irresponsables (1). Le réveil identitaire sur toute la surface de la Planète n'arrange rien. À l'époque où la Terre se tisse des rencontres des cultures, des métissages, d'internet et des échanges internationaux et intercontinentaux, où l'écosystème en danger exige la collaboration de tous, chacun avec ses talents propres, où l'intelligence humaine commence à peine à prendre son envol et percevoir d'immenses territoires, la revendication identitaire des religions ressemble à une explosion de crispations locales de peur. Je pourrais dire la même chose des nationalismes. J'irais même plus loin : les réveils identitaires ont une parenté avec les cellules cancéreuses au sein d'un organisme vivant. Elles sont stériles, elles détruisent la spécificité propre des autres cellules, elles finissent par tuer les organismes.

Or "religion" signifie à la fois relier et relire, indépendant de toute croyance en des divinités. « Relier », c'est-à-dire faire apparaître des liens entre les sociétés humaines et leur environnement naturel, mais aussi relier les hommes et les femmes entre eux. En d'autres termes, donner sens. « Relire » signifie prendre du recul par rapport aux perceptions et sensations immédiates, et assurer la mémoire personnelle et collective. Dans ce contexte, les divinités apparaissent comme l'ensemble des liens et des noms qui permettent d'apprivoiser l'inconnu, que ce soit l'inconnu naturel, l'inconnu social ou l'inconnu au fond de soi. Le monde s'organise donc autour du sens. Les religions ont ensuite une histoire qui permet de dépasser par dialectiques successives les conceptions naïves ou magiques et elle a mené aux grands monothéismes d'aujourd'hui (2). Pour le meilleur et pour le pire. Là aussi en effet, il y a eu un retournement dont la modernité ne s'est pas remise. En se divisant, en se déchirant, en s'imposant parfois par la force et la culpabilisation, les religions ont fini par transformer leur rôle de lien social et naturel en force de normalisation et de diviseur (dont destructrice du sens). C'est ainsi que j'entendais quelqu'un me dire un jour : « les hommes demandent du sens, les églises -et les religions- donnent des interdits ». Retour à l'infantilisation que j'évoquais ci-dessus. Dans ce cadre, la laïcité prend une attitude défensive et, quand j'entends certains discours anticléricaux, ils n'ont pas grand chose à envier aux institutions d'église, question infantilisation. J'exagère volontairement bien sûr, la réalité est plus nuancée : de nombreuses institutions et individus des grandes religions cherchent à dialoguer entre elles, à se comprendre et parfois s'unifier pour répondre aux défis contemporains. Et les religions sont particulièrement actives dans le domaine du social, de la santé et de la réflexion éthique. La laïcité peut aussi apparaître comme un lieu de rencontre et de confrontation où chacun peut retrouver ses petits. Mais que d'obstacles à surmonter ?


"Spiritualité" est une notion riche et polyvalente, parfois ambivalente. Elle répond incontestablement à la demande de sens. Derrière "spiritualité", se cache le mot "esprit" qui évoque une énergie unifiante, active, créatrice et symbolique face à la multiplicité du réel, de la matière et des savoirs positifs. Multiplicité qui prend souvent aujourd'hui l'aspect d'un éclatement et d'une non-communication en profondeur, dans une société où l'image et les masques cachent l'authenticité et les interrogations humaines premières. Les raisons de désespérer ont été nombreuses au cours du dernier siècle. De quoi douter de Dieu, du sens de la vie, mais plus encore douter de l'homme et de sa place dans une nature indifférente (3): retour à la gnose antique, explique Hans Jonas ! (4) La "spiritualité" apparaît comme une recherche de soi, une quête de signification dans le cadre de l'existence sociale, privée ou publique, et une nécessité de compréhension face à la finitude du corps et celle de la parole. Mais elle peut aussi être une fuite du réel, un refuge dans un bien être apparent qui se voile les contingences et les tragédies. D'où l'exigence d'un discernement permanent et combatif.

  • Il y a quelques jours, dans la nuit, j'écoutais une émission sur France Culture animée par l'irréductible Frédéric Lenoir. Avec son invitée, il expliquait le curieux paradoxe suivant : du point de vue des doctrines (et des institutions ou des sociétés qui les prolongent), les grandes religions s'opposent et parfois se déchirent avec violence. Mais du côté de la pratique spirituelle, pratique monastique ou pratique de la marche (5), il y a convergence, croisement et parfois union profonde. Cette union passe notamment par l'expérience mystique de la nuit et du silence : on se découvre soi-même en éteignant le discours, les idées, les bavardages intérieurs, les scénarios intimes. On découvre aussi l'être qui enveloppe et déborde toute représentation et toute théorie. Et par delà le silence et la nuit, il y a le mystère de l'amour et du décentrement de soi. Curieusement, toutes les grandes expériences mystiques rejoignent cette même intuition. Kabbale juive et hassidisme, bouddhisme aux multiples visages, mystique du Carmel, soufis musulmans, Shintoïsme... Et même très souvent chez des athées et des agnostiques. Frédéric Lenoir et son invitée évoquaient Freud et Nietzsche, par exemple. Je suis en train de préparer un colloque sur Edgar Morin : dans sa pensée, pourtant marquée par les sciences contemporaines, les idéologies, le structuralisme, la sociologie, émergent de partout l'inconnaissance, l'aspiration au silence, à la transcendance et au mystère... et la quête de l'amour.

À titre personnel, le musicien que je suis sait que la musique est une merveilleuse propédeutique vers le silence. La musique est le premier langage qui me permet de m'abstraire de l'espace des idées, des systèmes et des modélisations. Et je ne suis jamais aussi paisible que lorsque le silence m'envahit et dilate mes sens et mon espace intérieur aux dimensions de l'infini. Après avoir écouté une symphonie de Brahms ou une chanson de Judy Garland...

(1) Lire à ce propos l'ouvrage de Daniel Duigou : "l'Église sur le divan", 2009.
(2) Pour clarifier la situation, il faudrait distinguer les religions naturelles et les religions à prophétisme ou à sagesse historique. Je ne fais intervenir ici ni foi, ni conviction.
(3) Voir Jacques Monod : « l'homme est un tzigane égaré dans un monde où il est apparu par hasard. »
(3) Hans Jonas est spécialiste de la gnose et du néo-platonisme. Dans son ouvrage « le phénomène de la vie », il consacre un long chapitre, difficile il faut le reconnaître, sur les parentés entre l'existentialisme contemporain et la gnose antique.
(4) L'invitée, dont j'ai oublié le nom, évoquait le phénomène des pèlerinages qu'on retrouve partout sur la Planète.
Par Nicorazon - Publié dans : Et Dieu dans tout cela
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /2009 16:14
N'ayant pas trop le temps de m'engager dans de longues marches ces temps-ci, je me contente de promenades en vélo.
  • Mais comme vous le savez, si l'attention à l'instant et la consistance du rapport entre le corps et la Terre sont moins fortes lorsque nous roulons à vélo, le plaisir est aussi vaste et le regard reste aigu et admiratif... même face à ces chers paysages que je connais si bien !
Hier, samedi 24, j'ai décidé de faire le tour du Lac du Bourget en vélo...
J'ai laissé la voiture au Col du Chat et c'est parti !
  • Alors voici quelques photos pour vos fonds d'écran et pour voyager un peu
Comme toujours, vous devez cliquer sur la photo pour l'avoir en grand

En contre jour, vers le Sud et Chambéry
depuis la route du Col du Chat
 
Aix les Bains,
également depuis la route du Col
 

Plage et port du Bourget du Lac,
avec la Montagne du Chat en arrière fond


Port des Quatre Chemins
(Le Viviers du Lac)

Le Conseil Général de Savoie a aménagé une jolie "vélo-route" le long du Lac !
Profitons-en...


Vélo-Route après le Viviers.
Au fond, le Grand Colombier

Toujours sur la vélo-route
En face la Dent du Chat (1400 m)

Nous arrivons à Aix-les-Bains.
Petite ville que j'adore pour son site, son microclimat et surtout pour les merveilleux amis qui y habitent..



Par curiosité, le village de Tresserve,
le village le plus riche de Savoie !
Si quelqu'un veut m'y offrir une villa, je suis preneur...
 




Aix-les-Bains, le Petit Port


 
Toujours le Petit Port
Au fond, la Dent du Chat
 
Promenade le long du Lac. Si vous saviez le nombre
de pique-nique que j'ai pris, ici, assis sur la jetée !

Et l'eau est transparente
J'y ai plongé plusieurs fois à 6°C !Vous pouvez vérifier,
 c'est surmon carnet de plongée...

Aix les Bains, toujours
Le Grand Port

On trouve même des bateaux exceptionnels
dont l'histoire a fait le tour du monde

Le Grand Port, à contre jour
et la Dent du Chat

Bon, je quitte Aix... et traverse Brison Saint Innocent
CREVÉ !
Non pas moi, mais le vélo !
FINI LE TOUR.
Nous avons raté la plus belle partie du Lac

Bon, deux dernières photos quand même, en attendant la suite l'an prochain...
ou peut-être avant, si la météo et le loisir le permettent !



Dernier adieu à la montagne du Chat

Vue depuis Brison
Au fond, on distingue l'Abbaye de Hautecombe


Par Nicorazon - Publié dans : Planète village
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 12:04
Un peu de musique pour vous faire plaisir et me faire plaisir...

Une étude tableau de Rachmaninov que j'ai jouée le 27 Février devant 800 personnes au Grand Théâtre d'Aix les Bains, lors d'un concert de la concertiste Karine Vartanian, autour de la musique russe... concert que je présentais et commentais.

Un voyage dans la Russie profonde, celles des steppes, des koulaks et des romantismes amoureux et dépressifs.
Syncopes et décalages des temps... triolets des rythmes de la nature et émotions du sujet mélodique...

Le piano est un Bösendorfer Impérial ! Mmmh ! Bonheur absolu...



Ce n'est pas si facile à jouer que cela !
Par Nicorazon - Publié dans : En avant la musique
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /2009 09:50

"Il n'y a pas de raccourci vers la vérité". Le mot est de Whitehead. En d'autres termes, les solutions ou réponses rapides aux interrogations de fond sont suspectes, voire certainement fausses ou mensongères. Le mot "vérité", employé à toutes les sauces dans certains milieux, est également équivoque.

Illustration : depuis plusieurs mois, je travaille dans un centre de recherche, de réflexion et de formation appartenant au genre chrétien, de l'espèce catholique. Un lieu, soit-dit en passant, où on ne craint pas les interrogations et les confrontations.
Or, plus souvent que je ne le pensais, je croise dans la nébuleuse qui entoure ce centre, des personnes, très sympathiques au demeurant, tombant dans les pièges les plus grossiers des propagateurs médiatiques d'âneries. Deux exemples, dont l'un va m'arrêter plus longuement, puisqu'il me touche particulièrement.

  • Le premier concerne le doute de plusieurs personnes à l'égard du réchauffement climatique (que je préfère appeler "dérèglement climatique") dû à l'effet de serre provoqué par la civilisation industrielle , à la suite de la lecture du racoleur ouvrage de Claude Allègre "ma vérité sur la planète" (tiens ? La vérité !) et d'articles divers. Je ne rejette pas la remarque d'Allègre selon lequel l'esprit catastrophique n'apportera rien de positif. Pour le reste, je préfère apporter ma confiance aux dizaines de milliers de chercheurs qui quadrillent la Planète et qui observent le dérèglement du climat, et plus encore aux travaux et aux publications du GIEC et de l'ONU sur le sujet, travaux qui n'ont rien de la pensée unique comme on voudrait nous le faire croire.
    Pour ce qui est des réponses, je renvoie au site de Jean-Marc Jankovici (qui m'a dit qu'il y avait une moyenne de trois sottises par page dans l'ouvrage d'Allègre) : www.manicore.com et si vous avez l'esprit polémique, lire l'article de Libé : "les réponses de Libération".

  • Le second concerne le récurrent problème des relations entre les sciences et les religions, qui prend aujourd'hui la forme de l'avatar "créationnisme" ou plus subtilement de l"intelligent design". J'ai moi-même été accusé d'une telle dérive dans mon propre blog, ce qui est un peu fort de café, sachant que je réfléchis ces questions depuis plus de 30 ans, bien avant l'apparition médiatique des nouveaux créationnistes. J'ai même perdu des amis (dont une jolie femme) à cause de cela !

Rappelons les éléments de la réflexion. L'évolution des espèces est un fait scientifique. Il était connu bien avant Darwin qui, le pauvre, condense contre lui toutes les haines et les méchancetés possibles. Je renvoie à l'excellent livre "la révolution de l'évolution" du bien académique Denis Buican, qu'on ne peut quand même pas accuser de partialité.

  • En fait, il faut distinguer deux points : l'un est le fait de l'évolution naturelle. L'autre est celui du mécanisme qui explique l'évolution. Le fait est incontestable. Les mécanismes, eux, sont objet de recherche et d'interprétation scientifique. Dans la théorie darwinienne, il y a des absences, des trous, notamment en ce qui concerne les chaînons manquants. Est-ce une raison pour glisser Dieu ou je ne sais quelle intervention surnaturelle dans ces trous ? Non. Cela n'a rien à voir. On ne répond pas à une question scientifique par une croyance. Un problème scientifique se règle par une théorie ou modèle scientifique, éventuellement par un changement de paradigme scientifique (ce que j'encourage), et donc par une réflexion épistémologique (PUB : Relire Bacon, Galilée ou Descartes sur mon site). Quant au Dieu qu'on fabrique tout exprès pour glisser dans ces trous, il est une fois de plus une jolie petite invention destinée à la paresse intellectuelle et au racolage apologétique.

Jusqu'ici, je pensais que le créationnisme était l'affaire de quelques cowboys du fond du Kansas ou de quelques sarrazins sur les frontières. Je l'avais aussi entendu chez des adventistes et des évangéliques. Hélas non ! On le trouve maintenant dans les milieux catholiques que je pensais plus avisés, quatre siècles après l'affaire Galilée, un siècle et demi après les déclarations de Vatican I sur les relations science et foi, cinquante ans après la mort de Teilhard. Et huit siècles après la distinction scolastique établie par Thomas d'Aquin (*) entre la Cause première (concernant l'être), et les causes secondes (concernant les étants).

Igor et Grichka Bodganov Il est vrai qu'au cœur de la Curie romaine elle-même, il y a quelques années, j'étais tombé un jour sur un document officiel bien maladroit, influencé très clairement par l'ouvrage de Jean Guitton et des inénarrables frères Bodganov "Dieu et la science", qui, pour caricaturer, trouvait Dieu dans le comportement des électrons !!! Sans commentaire !


Petit rappel biblique et authentiquement théologique : le fondement de la Torah commence par « Écoute Israël », puis par « Tu ne te fabriqueras pas d'image de Dieu » (du moins pas avant d'avoir écouté !). Et un autre mot de Jésus celui-là, que je transforme pour l'occasion : « rendez à la science ce qui est à la science, et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Et bien sûr encore Whitehead : pas de raccourci vers la vérité, SVP.

 

(*) J'interdis, à ceux qui connaissent mon allergie à Thomas d'Aquin, de rire ! Non mais !

Par Nicorazon - Publié dans : Et Dieu dans tout cela
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